Jack ‘Statesman’ Emmert apporte la bonne parole !
15 déc, 2004
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous, vos expériences précédentes et comment vous êtes devenu le concepteur principal de City of Heroes ?
Je suis Jack Statesman Emmert, le concepteur principal de City of Heroes, chez Cryptic, San José, Californie.
Comment j’ai eu ce boulot ? C’est assez simple : j’ai co-écrit plusieurs jeux de rôles papier avec Rick Dakan quand j’étais encore à l’école. L’ami d’enfance de Rick, Michael Lewis, a revendu son entreprise de puces informatiques pour travailler avec lui sur une idée : un jeu de super-héros massivement multijoueur. Michael a apporté le capital financier et Rick m’a proposé de rejoindre l’équipe en vertu de mon expérience dans les jeux et de mes connaissances en comics.
Pour les joueurs potentiels, pouvez-vous expliquer ce qu’est City of Heroes ?
City of Heroes est le premier et le seul jeu de rôle massivement multijoueur en ligne sur les super-héros. Ainsi, chaque joueur peut rejoindre des milliers d’autres super-héros dans la lutte contre les forces du mal.
Selon vous, à qui sadresse City of Heroes ?
Toute personne qui a lu des bandes dessinées. Toute personne qui s’est demandée un jour ce qu’on ressent quand on vole. Tout fan de jeux de rôles sur PC. Toute personne qui aime s’amuser !
Qu’est-ce qui rend City of Heroes différent des autres MMORPG ?
La réponse est évidente : les super-héros ! Les joueurs peuvent devenir le héros de leurs rêves, avec les pouvoirs, le costume, et tout le reste !
Mais City of Heroes a un peu plus à proposer qu’un univers original. Dès le départ, on a essayé de concevoir un jeu massivement multijoueur qui n’utilise pas les vieilles ficelles du genre. City of Heroes ne copie pas les mécaniques de jeu déjà connues, comme le camping et le groupage forcé. Au lieu de ça, City of Heroes propose un jeu plus équilibré qui permet à tout le monde d’être un super-héros.
Est-ce que vous pensez que City of Heroes est facile d’accès pour les nouveaux joueurs et ceux qui n’ont jamais joué à un jeu de rôles massivement multijoueur en ligne auparavant ?
Sans aucun doute ! Lors de la conception de City of Heroes, je voulais m’assurer que nous faisions un jeu auquel même quelqu’un comme moi pourrait jouer. Jai la trentaine et je suis marié. Au cours des dernières années, je me suis rendu compte que je n’avais plus autant de temps que lorsque j’étais adolescent. Elle est finie lépoque oů je pouvais passer des nuits entières à jouer ! J’ai maintenant une famille, des responsabilités, etc… la liste est très longue !
Dans City of Heroes, un joueur peut se connecter et s’amuser pendant 15 minutes. La courbe d’apprentissage est suffisamment lisse pour qu’un nouveau joueur découvre le jeu au fil de sa progression. Un de nos objectifs principaux était de permettre au joueur de s’immerger dans l’univers et les principes de jeu aussi vite que possible.
En plus, on savait que le style super-héros pousserait de nombreux nouveaux joueurs vers les MMO. Depuis des années, la majorité des MMO sont des univers heroic-fantasy, ce qui attire des joueurs, mais en repousse d’autres. Ceux qui n’étaient pas intéressés par les chevaliers et les dragons le seraient peut-être par City of Heroes. En conséquence, on a passé beaucoup de temps à rendre les principes de jeu et l’interface aussi accessibles que possible aux débutants.
Pourquoi devrions-nous nous réjouir de voir City of Heroes arriver en Europe ?
Parce que City of Heroes est un excellent jeu ! Il a déjà remporté de nombreux prix et obtenu des critiques dithyrambiques. La communauté nord-américaine de City of Heroes est très vivante et en constante expansion. City of Heroes se fraye un nouveau chemin inédit dans le monde du jeu.
Qu’est-ce que fait Cryptic pour localiser le jeu pour les joueurs européens ?
L’univers de jeu, la ville fictive de Paragon City, va prendre une tonalité un peu plus cosmopolite. Nous l’imaginons comme un équivalent de New York. Bien sűr, New York est aux Etats-Unis, mais c’est aussi un véritable mélange de cultures et de gens. En fait, New York est une ville qui représente plusieurs nations, pas une seule. Paragon City va évoluer dans cette direction, mais je veux que les joueurs sachent que nous nous efforçons à leur procurer la même expérience de jeu oů quils soient : en résumé, ce que les joueurs américains ont, les joueurs européens l’auront aussi, et inversement !
Est-ce que la version européenne sera à jour par rapport à la version américaine au moment de sa sortie ?
Les deux versions seront complètement synchronisées au lancement. Dans le futur, il se produira peut-être des décalages légers entre les deux versions à cause du temps nécessaire à la localisation.
Six mois se sont écoulés depuis la sortie américaine. Quelles ont été les évolutions du jeu ?
Le nombre de zones et de missions s’est accru d’environ 50%. Quatre nouvelles factions ennemies sont apparues : le mystérieux Concile de Malte, le macabre Carnaval des Ombres, les impitoyables serviteurs de Rularuu et les étranges Abrasifs des Crevasses.
On a également ajouté le système d’insignes : les joueurs sont récompensés par ces distinctions pour avoir accompli des tâches difficiles ou trouvé des sites d’importance historique dans Paragon City.
Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg : on a aussi ajouté deux nouveaux archétypes, des spécialisations auxiliaires épiques, un nouveau système de discussion, de nouvelles missions, et bien, bien d’autres choses. A chaque mois qui passe, City of Heroes s’agrandit....
Quels sont les éléments du jeu qui vous plaisent le plus ou dont vous êtes le plus fier ?
Les options de personnalisation du personnage constituent sans aucun doute l’élément dont je suis le plus fier. Franchement, je pense que Cryptic Studios a établi un nouveau standard pour la création de personnages. En premier lieu, un joueur peut choisir n’importe quel pouvoir de son choix. S’il a lu ou vu un pouvoir dans une bande dessinée, il pourra très probablement le recréer d’une façon ou d’une autre dans le jeu. On n’a rien oublié ! Vol ! Téléportation ! Super-sauts ! Super-vitesse ! Tout y est !
Ensuite, notre outil de création de costumes est probablement le meilleur sur le marché à l’heure actuelle. Dans la plupart des jeux massivement multijoueur, les joueurs commencent sans être très différenciés. Il faut en général de longues, longues heures de jeu fastidieux pour parvenir à une apparence unique. Les super-héros des comics, en revanche, sont connus par leur costume dès le début de leur carrière. Chaque héros a un look unique dès le départ. Pour retranscrire cette caractéristique dans le jeu, City of Heroes utilise un système de création de costumes qui permet d’obtenir des milliards de combinaisons uniques. Les joueurs peuvent choisir les couleurs, les textures, la géométrie et les motifs de chaque partie du corps de leur avatar. On a essayé de recréer l’apparence et l’ambiance de tous les genres de héros : mystiques, monstrueux, monochromes ou colorés, punk, justicier urbain, high-tech, etc..
Qu’est-ce qui est prévu ensuite pour City of Heroes ? Quelles seront les nouveautés à venir ?
La principale nouveauté sera l’apparition des Arènes, oů les super-héros pourront s’affronter, et le système de compétences, qui répondra enfin à la question “que font les super-héros quand ils ne combattent pas le Mal ?”. Bien sűr, on va aussi ajouter plein de nouvelles missions, de zones et d’ennemis… peut-être même un ou deux archétypes !
Pouvez-vous nous en dire plus sur City of Villains ?
Pour le moment, on en est encore à la phase de création de la documentation. Je peux vous dire qu’on a embauché Dave Zeb Cook, un des auteurs des règles Avancées de Donjons & Dragons et créateur du fameux univers de campagne Planescape pour qu’il soit concepteur senior sur City of Villains.
Le concept de départ est simple : permettre au joueur de devenir un vrai méchant. On se concentrera plus sur la mégalomanie inhérente aux super-méchants plutôt que sur leurs tendances anarchistes. Une grande partie du jeu consistera à rejoindre des organisations, à former des super-groupes et à gagner en puissance. On veut également mettre l’accent sur la nature proactive des méchants. Les héros, par définition, sont plutôt dans une logique réactive, ils ne passent à l’action que lorsque les méchants tentent quelque chose. Ces derniers, d’un autre côté, prennent l’initiative. Ce sont leurs intrigues et leurs manigances qui créent l’histoire. C’est pour ça qu’on a recruté un expert en jeux de rôles comme Zeb : je veux que les joueurs aient vraiment l’impression d’être des super-méchants de comics !
En plus de la possibilité d’être un méchant, City of Villains introduira les bases. Les super-groupes pourront mettre leurs ressources en commun pour personnaliser leur quartier général. En conséquence, méchants et héros pourront envahir leurs bases respectives dans leur lutte pour le pouvoir…












